Primaires et campagne présidentielle mode d’emploi… tous aux abris !

Marc SAINT-OUEN

Je ne vois qu’une solution pour traverser au mieux cette période qui s’annonce et préserver chez chacun un minimum de sérénité : tout couper.

Twitter, les matinales, les sites et les chaînes d’info, les quotidiens et les hebdos. Adieu Galzi et Calvi, Marc Olivier et Apathie, Guillaume Durand et Laurent Joffrin, Bruno Roger-Petit et Claude Askolovitch, Mace Scaron et Yves Tréard, adieu commentateurs et décodeurs de tous horizons, au revoir Ruquier et Cohen, bye-bye # de toutes sortes, arrivederci Léa et Audrey, Alain et Jean Pierre… vraiment, désolé, perso je suis plutôt très bon client habituellement, mais là, ca ne va pas être possible. Du tout. Individuellement chacun d’entre vous n’y est pour rien et vous allez nous manquer, c’est certain. Mais lire, voir et écouter ceux que vous invitez et commentez va au mieux terriblement nous navrer ou bien, au pire, nous mettre hors de nous, jour après jour.

Ces débats vides qui se profilent, ces arguments de cour de récré que l’on entend déjà, ces phrases pestilentielles qui fleuriront de partout, ces contre vérités notoires qui seront assénées meeting après meeting, ces points Godwin qui seront atteints presqu’immédiatement par des gens pourtant réputés sérieux et lucides, cette haine de l’autre attisée jour après jour par des responsables irresponsables, ces propos abjects qui ne manqueront pas et qui seront pourtant fièrement « assumés » par leurs auteurs… tout ce spectacle prévisible jamais vu à ce point d’exacerbation auparavant va être consternant, désolant, agaçant, irritant… très, très, très énervant.
Évitons de commenter les commentaires, évitons d’en rajouter, évitons les déjeuners de bureau, de famille ou entre amis qui dérapent grave alors que l’on se pensait à l’abri intellectuel de tout cela (je me souviens, désolé, d’un dîner 2012 entre gens censés être sensés se concluant brillamment avec l’éclairante comparaison du nombre de morts d’Hitler et Staline)… éviter tout cela est une priorité de santé mentale publique.

Ceci n’est pas un appel au renoncement, c’est simplement et paradoxalement un conseil de prévention donné à tous ceux que la politique concerne encore. Coupons tout. Faisons ce que nous avons à faire. Avançons. Et, bien sur, allons voter quand cela sera le moment.