Philippe Saint-André et François Hollande : destins croisés, paroles vaines et espoirs déçus.

Marc SAINT-OUEN

Il y a de grandes similitudes dans le parcours de nos 2 généraux en chef, celui du XV tricolore et celui des Français. Tous deux en poste à la surprise générale depuis à peu près 4 ans, tous deux aux responsabilités et disposant de toutes les manettes, tous deux bonhommes et convaincus de leur bonne étoile, tous deux ayant réussi à faire oublier leurs surnoms anciens, tous deux inspirant malgré tout le respect et la crédibilité que leurs fonctions autorisent auprès de français convaincus d’une certaine idée de la France et du rugby.
Tous deux, qu’en ont ils fait ?
Tous deux, comme au casino, ont tout parié sur une couleur : la coupe du monde pour l’un, la courbe du chômage pour l’autre.
Tous deux, depuis qu’ils sont en responsabilité, ont systématiquement évacué ou éludé le présent pour nous donner rendez vous demain, plus tard. Tous deux ont profité de leur environnement institutionnel pour rester en place en dépit de résultats successifs objectivement catastrophiques obtenus jusque là.
Tous deux, avec plus ou moins de talent d’ailleurs, nous ont parlé de temps, de durée, de constance, d’efforts, de fondamentaux… pour nous vendre de l’espérance au forceps, bien obligés que nous sommes de croire aux chances de notre pays, de notre équipe.
Tous deux (l’un plus que l’autre quand même) ont constamment changé de joueurs mais jamais de philosophie de jeu, étriquée, défensive, poussive, à rebours des choix tactiques et stratégiques différents des autres « grandes nations ».
Tous deux ont, au fil du temps, perdu de plus en plus de crédits et donc de soutiens jusqu’à susciter l’indifférence générale à leurs différentes conférences et causeries.
Tous deux nous ont parlé récemment de « frémissements », de quelque chose qui était entrain de se passer. Faibles ? Fidèles ? Cocardiers ? Résignés ? … en tous cas nous nous sommes dit… pourquoi pas ?
Las.
Tous deux arrivent aujourd’hui au bout de leur propre agenda. Et force est de reconnaitre que leur bilan est indigent. Ne reste plus qu’un match pour l’un, quelques mois pour l’autre.
Même si l’histoire nous a parfois prouvé – avec panache – le contraire, qui peut sérieusement affirmer aujourd’hui qu’avec le jeu qui est le sien, l’équipe de PSA battra celle des All Blacks ? Doit-on continuer l’analogie ? Cela ne sera pas nécessaire.
Cette fois-ci, s’il vous plait, au nom de l’orgueil ou de je ne sais quel dicton du genre « tant que le match n’est pas joué » … etc etc, … – nous les connaissons tous, cela fait environ 4 ans qu’ils sont utilisés- ne nous faites pas un procès en pessimisme et en déclinisme.
Nous ne manquions ni d’envie ni de volonté d’y croire. Pour nous, pour notre équipe, pour notre pays. Mais voila, pour cette fois encore, c’est fini. Ou presque.
Samedi, à Cardiff, il ne poussera pas de coquelicots.
L’année prochaine, sur la courbe du chômage, non plus.
On aurait tellement aimé se tromper… ou, on aimerait tellement se tromper…
Choisissez votre fin.