Île de Tromelin : la victoire en twittant !

Manuel LAGNY

Fait rarissime en temps de paix : la France a manqué perdre sa souveraineté sur une partie du territoire national, le 18 janvier dernier.
Dans l’Océan Indien, la petite île de Tromelin devait être cédée à l’île Maurice. Et Tromelin n’est pas seulement un petit bout de terre française aux antipodes : elle offre 250 000 km2 de Zone économique exclusive (ZEE) sur lesquels notre pays jouit de souveraineté (surface considérable : la France métropolitaine, Corse comprise, ne nous donne pas plus de 350 000 km2).
Un traité, entrainant une perte de souveraineté sans contrepartie, devait être ratifié par l’Assemblée nationale ; inscrit à l’ordre du jour du mercredi 18 janvier 2017 par le gouvernement.
Philippe Folliot, député du Tarn, président de l’Alliance centriste*, spécialiste des questions de la mer et des outre-mers, prit la tête d’une sorte de résistance (pour reprendre un mot qui a fait florès dans les articles de presse) et remporta la bataille contre ce projet, qualifié par lui « d’inique et de scandaleux », en quelques jours seulement, lorsque le gouvernement céda, la veille de la date fatidique. Pourquoi un tel succès ? Sans doute parce que le député Folliot fut déterminé, et qu’il su se saisir du sujet avec talent. En outre, à l’analyse de la communication qui a accompagné cette démarche, trois éléments sont à retenir, décisifs dans cette réussite.

  • La capacité à donner du sens aux enjeux liés à ce projet de décret, qui pouvaient apparaître comme exotiques, éloignés des préoccupations des Français. Un récit simple, court, évident, a été formulé, privilégiant certains mots, bien choisis et largement repris, dans les médias comme à travers les réseaux sociaux. Le champ d’un vocabulaire classique, républicain, « de combat », fut ainsi privilégié.
  • Le choix des bons vecteurs de communication : pas de conférence de presse mais un simple communiqué et, surtout, une tribune pour alerter l’opinion publiée sur Le Figaro.fr (partagée plus de 15000 fois en quelques jours…) et une pétition sur change.org (11689 signataires en 6 jours !). A la clé, notamment : des dizaines d’articles de presse, des dizaines de milliers de tweets (#Tromelin est resté quelques jours dans le peloton de tête des mentions), un large partage sur Facebook.
  • La construction d’une démarche transpartisane. Philippe Folliot a su, dès le départ, éviter tout isolement. Il a co-signé sa tribune, dans Le Figaro, le 9 janvier, avec l’écrivain Irène Frain (qui avait écrit un livre sur Tromelin). Sa pétition a été lancée avec les députés Gilbert Le Bris (PS) et Laurent Furst (LR). De nombreux politiques, des leaders d’opinion, de toutes sensibilités, ont relayé la tribune et la pétition via Twitter. Le possible abandon de souveraineté sur cette île du bout du monde a décidemment touché, largement, partout en France.

Apporter du sens, savoir trouver les bons vecteurs pour toucher les bons publics et les faire adhérer à sa cause : voici la recette de Philippe Folliot pour « sauver » Tromelin. Chez Meanings, où nous avons construit notre offre autour des métiers du Sens, du Signe et de la Relation, on ne peut pas tout à fait s’en étonner…

* Meanings est conseil de l’Alliance centriste

Sources :
La tribune : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/01/09/31002-20170109ARTFIG00263-le-de-tromelin-la-republique-ne-peut-pas-brader-ainsi-sa-souverainete.php
La pétition : https://www.change.org/p/assemblée-nationale-l-île-de-tromelin-doit-rester-française